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un Mahé 36 en vadrouille

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Articles de cette rubrique

    20 octobre

  • [blog] 4, 3, 2, 1 …

    Bon, il est temps de bouger. 4e mois à Grenade, et la saison cyclonique se termine.

    Pas de programme défini autre que les grenadines pour quelques semaines, le temps que la situation se décante un peu, et que l’ouverture des îles (notamment françaises) se précise, et sous quelles conditions.

  • 13 octobre

  • [blog] Et c’est le drame

    Voilà plus de trois mois que je suis à Grenade, et l’état-île, depuis ce temps, affiche fièrement l’absence de cas Covid. Tout comme beaucoup de ses voisins (St Vincent, S Lucie, La Dominique, Antigua & Barbuda, St Kitt&Nevis), elle commence déjà à se projeter vers une -relative- ouverture des frontières, dans ce qu’on appelle ‘la bulle CARICOM’, les états caribéens ayant peu ou pas de cas.
    Pour aller d’une île à une autre, il nous suffit désormais d’un test PCR récent. Point de quarantaine ni de procédure particulière.

    Mais voilà. Tout ça, c’était jusqu’à hier.
    Un étudiant Grenadien, revenant du Canada, se fait effectuer un prélèvement à son arrivée à l’aéroport, puis part faire sa quarantaine, en attendant le résultat, chez lui. Convaincu qu’il est négatif, il brise cette quarantaine, et va faire la fête dans une soirée. Le lendemain, le résultat arrive : positif.

    Toute l’Île ne parle que de ça, et le ressent comme une honte. Honte qu’un local soit à l’origine de la résurgence du virus sur l’île, et qu’il n’ait pas respecté des règles qu’ici, tous respectent peu ou prou.

    Dans tous les commerces, nos mains sont désinfectées, et dans les restaurants et bars, la température est prise, nos coordonnées notées pour faciliter le contact tracing. Le masque est obligatoire partout à l’extérieur (et bien sûr dans les commerces et transports), et globalement la mesure est respectée.

    Grenade a eu un des confinements les plus durs des Caraïbes : tous les commerces fermés, toute activité extérieure interdite, autorisation de faire les courses une seule fois par semaine. Bien sûr, il n’y a pas “d’Etat providence” ici, ni chômage ni compensation de perte de chiffre d’affaire, la solidarité a donc du s’organiser.
    A la fin du confinement, c’est tout un pan de l’économie qui a disparu (le tourisme “de masse”), ne restaient plus que les voiliers venus chercher refuge pendant la saison des ouragans. Maigre consolation : le secteur de la plaisance (marinas et chantiers) est peut être le seul qui ait tenu le coup.

    Et juste au moment quand tous les efforts allaient payer, que le gouvernement s’apprête à réouvrir l’aéroport et faire revenir les touristes, un inconscient, même pas un étranger, fait tout capoter.

    Les gens ici sont furieux (et moi je suis bien content que ça ne soit pas un plaisancier à l’origine de cette résurgence), parce qu’on ne sait pas encore combien de personnes auront été contaminées par lui au final, ni les implications sur l’ouverture des frontières, ni sur l’appartenance à la fameuse “bulle caricom”.

    C’est un drame national.

  • 18 août

  • [blog] Il suffit d’un rien

    Woburn bay

    Me voilà depuis deux jours à Woburn Bay, et je ne l’aime pas. Trop de mangroves, de moustiques et espèces de fourmis volantes, de monde, et de fetch.
    L’onde tropicale au dessus des Antilles depuis plus de 24h n’aide pas : temps gris, hallebardes de pluie, tout cela n’aide pas à rendre joli cet endroit.

    Ce matin, dans un grain, l’éolienne se déconnecte. J’ai déjà vécu ça une fois, ça veut dire que le vent vient de passer au dessus de 32kt. La baie blanchit, les vaguelettes grossissent, peut être 30 ou 40 centimètres, et ça commence à bien se sentir.

    Canal 68, un « security, security » remplace les traditionnels appels de l’un à l’autre : un bateau est à la dérive. Je mets longtemps à le voir, il n’est pourtant pas loin devant moi. Une amarre, dinghy à l’eau, je file rejoindre le seul plaisancier qui essaye d’agir. Le bateau, une vedette moteur de 14m peut être, est visiblement en panne de moteurs. L’ancre pendouille, et le propriétaire, peut être octogénaire, semble dépassé

    Nous sommes finalement quatre à intervenir, deux activement, ils savent ce qu’ils font, eux. Nous attachons la vedette derrière le vieux bateau de travail en bois de l’un d’eux (la coque rouge, tout à droite sur la photo). Heureusement que j’avais pris une amarre, qui a servi, je me serais sinon senti totalement inutile, je n’ai ni la connaissance théorique ni l’habitude de ce genre d’interventions.

    Je n’ose pas imaginer ce que cette baie doit être lors d’une tempête (voire plus) tropicale. Là, les vents ont à peine effleuré les 40kt, mais déjà l’eau de la baie est agitée, et deux bateaux ont décroché.

    Prickly Bay est peut être moins fun, mais je m’y suis plus senti en sécurité en un mois, qu’en deux jours ici. Je ne vais sans doute pas attendre longtemps avant d’y retourner.

  • 30 juillet

  • [blog] La bestiole

    Le confinement en Guadeloupe m’avait beaucoup fait re-réfléchir sur la question des animaux à bord, surtout en voyant les bateaux copains confinés avec les leurs (Captain Jack sur Clarity, Nicotine sur Tibor, Mia de Cissampo, notamment). J’avais commencé à regarder la SPA locale, ou encore le refuge de Marie Galante, mais ils ne présentaient essentiellement que des « gros » chiens de type Créole (une non-race de chiens, tellement métissés qu’ils deviennent presque une race à part entière tant ils se ressemblent), ou alors des chiens à poil long. Je voulais éviter les uns pour des facilités de transport en avion, le cas échéant, et les autres pour éviter les pertes de poils, et des nettoyages compliqués. Et puis, de toute façon, le départ vers Grenade et sa quatorzaine approchait, il était idiot d’adopter là.

    J’ai pris contact avec le seul refuge de Grenade au début de la quarantaine, ils m’ont tout de suite répondu que « Baby Roo » semblait correspondre à ma recherche, même s’ils ne pouvaient prédire quelle serait sa taille adulte.
    Elle avait à peine deux mois, un peu abîmée par son abandon, mais elle correspondait à ma recherche (y compris de « gueule cassée »), j’ai donc pris rendez-vous pour rencontrer l’équipe et répondre au questionnaire.

    De questionnaire, il n’y as pas eu : on m’a présenté « Baby Roo », qui m’a tout de suite léché le visage, puis, confortablement calée sur mon bras, s’est endormie. Il n’y avait sans doute pas de meilleur questionnaire, et je ne pouvais rien dire : j’avais été adopté.

    Voilà 15 jours maintenant que nous apprenons à nous connaître. J’ai beaucoup de chance, elle n’a aucun souci avec le bateau, ses bruits et ses mouvements, et ne semble pas sujette au mal de mer. Elle fait déjà 99% de ses besoins dehors, ma seule contrainte étant qu’elle n’a pas d’endroit prédéfini, c’est un peu la course à la crotte chaque jour.

    Elle a maintenant un joli poil entre le blond et le beige, il ne reste qu’un bout d’oreille qui n’a pas totalement récupéré. Sa patte avant droite, qui partait en oblique, s’est auto-réparée, sans doute Baby Roo avait-elle besoin de marcher, grimper, courir dans le sable, pour se fortifier un peu.
    Elle continue à ignorer presque l’intégralité de mes interdictions et de mes ordres, évidemment. Mais elle supporte déjà collier, harnais et laisse, même si clairement elle déteste. Bref, tout est en bonne voie.

    Je ne voulais pas garder son nom d’adoption, qui « ne sonne pas bien » en français. Et puis, c’est une référence à la culture anglo-saxonne (Roo est un personnage de la BD pour enfants Winnie the poo).
    Après Mousse (bof), j’ai craqué pour (Miss) Prickly, en référence à la baie où je suis mouillé … jusqu’à découvrir la signification argotique de Prickly. Comme m’a dit gentiment une australienne du mouillage, « dear, you just can’t name her that way, it’s too unrespectful ». Ce sera donc GG (Gigi), faute de mieux.

    Me voilà donc avec un nouvel équipier, pour le meilleur comme pour le pire.

  • Vos commentaires

    • Le 01/08/20, Bernard et Pascale En réponse à : La bestiole

      GG est vraiment adorable !!
      Quelle chance elle a eu de croiser ton chemin !! elle ne pouvait sans doute pas trouver mieux...
      Elle a déjà adopté le hublot pour tenir la veille !!

      • Le 03/08/20, henri En réponse à : La bestiole

        Adorable … et un vrai caractère de chien, déjà ! :-)

        Et elle a le pied marin (enfin, pas trop, elle est encore très gauche), ni le bruit des moteurs, ni la première nav’ ne l’ont effrayé ! \o/

      répondre ︎⏎

    • Le 31/07/20, RAL3020 En réponse à : La bestiole

      Oh, l’évolution en photo de la petit bête est saisissante et tellement belle à voir ! Félicitation pour cette adoption ! ❤️

      • Le 31/07/20, henri En réponse à : La bestiole

        Oui, entre le traitement, la bouffe et le calme d’un foyer, elle a bien évolué \o/

      répondre ︎⏎

    26 juillet

  • [blog] Dégonflé !

    Gonzalo s’est finalement - littéralement - dégonflé. Depuis plusieurs dizaines d’heures, les météorologistes que je suis s’étonnaient de le voir essayer de se développer, avec opiniâtreté, dans des conditions hostiles pour lui : il luttait contre des hautes pressions au nord, l’air était trop sec à son pourtour, et les brumes de sable de Sahara encore trop présente. Il n’avait pour lui que la température de l’eau, et une volonté qui forçait presque le respect.

    Moins de 24h avant l’arrivée sur les Antilles, il s’est donc dégonflé, se réduisant à une simple dépression, avec beaucoup de pluie. Sans force désormais, il s’est fait cantonner sur son parallèle, n’a pas pu remonter vers le nord, et a touché terre sur Trinidad et Tobago, puis les côtes du Vénézuéla. Pschitt, comme aurait dit l’autre.

    Grenade était en état d’alerte pour tempête tropicale, et certainement parce que tous ici gardent en mémoire le terrible ouragan de catégorie 5 de 2004 (le premier en cinquante ans), tout était à l’arrêt : commerces fermés, électricité et eau coupée. Plus rien ne vivait sur l’île, en préparation au pire.

    De nombreux bateaux avaient quitté les Grenadines, censées recevoir le centre de la dépression. D’autres, déjà à Grenade, ont fait route vers Trinidad, malgré leur fermeture stricte aux frontières, et leurs menaces de prison pour quiconque tenterait indûment de Lorenzo pour entrer sur leur territoire.

    Mais la saison des ouragans a bien commencé : le premier, réel lui, vient de frapper le Texas, un probable deuxième est en approche des Antilles. Il devrait, on l’espère égoïstement, passer au Nord, voire sur le Nord des Antilles.

  • Vos commentaires

    • Le 27/07/20, Bernard et Pascale En réponse à : Dégonflé !

      Nous avions aussi suivi Gonzalo... mais en métropole, forcément nous avions moins de stress...
      Avec les bateaux copains, restez vigilants !
      P et B

      • Le 30/07/20, henri En réponse à : Dégonflé !

        On carbure à la NHC, stormcarib, et groupes d’experts divers … surtout cette année que beaucoup prédisent violentes, et où les deux premiers phénomènes ne suivent pas les schémas prédéfinis … on en a pas fini :)

      répondre ︎⏎

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