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[blog] Carnet de bord 5

samedi 8 février 2020

Jeudi 6 février

Temps gris, aujourd’hui. Un gris vaguement bleuté au plus haut, qui laisse parfois passer un faible éclat, assez diffus, de soleil. Et juste dessous, des petits moutons, en rangs assez serrés, d’un dégradé de gris. Alors la mer est grise, sauf pour l’écume des vagues, blanche, lorsqu’elles se heurtent à la houle.

La machine a laver s’est remise en route, l’accalmie aura été de courte durée. Et c’est sans compter la belle augmentation des alizés qui est promise pour cette fin de semaine.

Au gré des rafales, je gagne un jour, ou deux, puis les perd presque aussitôt dans les estimations d’arrivées. C’est encore loin, de toute façon, plus de dix jours.

Vendredi 7 février

Tu n’es pas belle, quand je te regarde maintenant, blanche d’écume comme de rage contenue, plissée de mille rides qui troublent à peine les chemins tortueux que les vagues dessinent et effacent aussitôt. Tu es brutale, sonore, jaillissante, impétueuse.

J’ai rencontré un navire, aujourd’hui, le Sakizaya Respect. A plus de 20km de moi, il trace sa route vers le sud ouest, le Brésil. Je me demande s’il ressent cette houle, s’il est destabilisé aussi par ces vagues qui viennent taper contre son flanc.

« on » me dit qu’il n’y a aucun retour à la ligne dans mes textes, un bug. Ca doit être doublement indigeste à lire, ces carnets :-) (désolé, hein, pour ceux qui s’accrochent)

Samedi 8 février

C’est amusant comme l’appréhension disparaît aussi vite que l’évènement est là. Les 30 nœuds ont surgi plus tôt qu’espéré, et plus fort, bien sûr. Pendant plus de six heures, j’ai surveillé le bateau, regardé comment il naviguait dans ces rafales à plus de 35 kt, apprécié comment le pilote récupérait la situation quand il partait en surf à plus de 14 kt dans près de 3 mètres de creux. Tout allait bien, sauf le confort. Impossible de se marcher sans se tenir fermement, les objets qui tombent au sol, le bruit incessant, et fort, de l’eau sur la coque, du vent dans les haubans, des craquements du bateau. Alors j’ai fait comme d’habitude : sous-toilé, grand voile affalée, un bout de génois à l’avant, le bateau avance tout tranquillement, se dandine un peu, le silence est retombé, juste brouillé par les grésillements erratiques de la VHF. C’est doux, presque calme, en tout cas confortable. Voilà qui me fera le WE et le temps que passe cette bourrasque.

Position du jour 16°11N 37°55W

Vos commentaires

  • Le 09/02/20, Bernard et Pascale En réponse à : Carnet de bord 5

    Espérons que le ciel se dégage pour que tu puisses profiter de ces quelques nuits de pleine lune... et que tu trouves le bon compromis pour un peu plus de confort... car un catamaran... ça reste un bateau sur l’eau !!
    B et P

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  • Le 08/02/20, France En réponse à : Carnet de bord 5

    Ce n’est pas pénible à lire, c’est chouette au contraire. Accroche toi bien aux parois de l’essoreuse ami !
    Bisous

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  • Le 08/02/20, Marco En réponse à : Carnet de bord 5

    Pas mieux que madame Marge, que je salue au passage.

    Avec ou sans retour à la ligne, c’est achment sympa de te lire. Continue de nous faire rêver et bon vent, matelot !

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  • Le 08/02/20, Marge En réponse à : Carnet de bord 5

    J’espérais que voyager cette fois en camping-car t’offrirait au moins plus de confort : un doux bercement plutôt qu’une essoreuse... A côté de tes aventures, je pense qu’on pourra accepter l’inconfort de te lire sans retours à la ligne ! Tranquillement posés à terre, on t’envoie du soleil et du vent. Biz

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