Escales
un Mahé 36 en vadrouille

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[blog] Carnet de bord 6

mardi 11 février 2020

Dimanche 9 février

La mer s’est calmée. Enfin, non, pas vraiment. Disons qu’elle s’est « étalée », qu’elle a pris ses marques, entre houle et houle secondaire, l’une tamisant l’autre, elles se combinent en une troisième, de biais. C’est confus, ça secoue, mais au moins les coups de butoir sous la plateforme, juste entre les deux coques, sont passés de constants à exceptionnels. C’est « normalement » confortable, enfin.

Curieusement avec mon rythme d’hippocampe (je ne suis pas sûr qu’on trouve beaucoup d’escargots sous la mer), j’ai quand même fait 120 mille sur ces dernières 24h, j’aurais pensé moins.

J’ai terminé hier le deuxième tome d’Hyperion, je l’ai dévoré, il me tarde de lire la suite. J’ai enchaîné aujourd’hui avec Barjavel, que j’avais déjà lu en son temps et dont le Grand Secret, maintenant comme autrefois, se dévore à toute allure. C’est plus facile, plus daté, mais c’est quand même bon.

m’a abandonné, lâchement, en cours de chargement de la météo : il ne répond plus à aucune commande, et plante au moindre bouton d’instruction ou affichage. Heureusement il semble encore bon à récupérer la météo. Heureusement (bis), j’avais aussi acheté Navionics « pour au cas où ». Eh bien le voilà.

Lundi 10 février

Voilà, j’ai atteint « l’autre » 1000 milles, celui avant l’arrivée. Comme les alizés soufflent d’est en ouest, je vais faire un peu plus puisque je dois faire des zigzags autour de cet axe, mais je pense raisonnable de tabler sur une arrivée avant le 22.

Retour du soleil aujourd’hui, le plafond nuageux a fini par se crever. Je retrouve du coup ce soir la lune, pleine, qui illumine la mer de mille feux, c’est spectaculaire. J’aurai eu de la chance de l’avoir avec moi tout le long du trajet.

Mardi 11 février

La mer est toujours parée de son petit panache blanc, mais sous le soleil, cette livrée ne fait que mieux ressortir le bleu intense de l’eau, chargé de profondeur. J’ai vu mes premières sargasses, juste des rameaux isolés. C’est bien tôt, et bien loin. Par contre, peu de poissons volants. Trois se sont échoués sur Escales en tout, sur les trois derniers jours. Et à peine quelques uns qui s’envolent devant moi, apeurés. Ils ont quelque chose de magique à regarder dans leur vol, s’évertuant à rebondir, encore et encore, sur la prochaine vague, d’un énergique coup de queue.

Je croise le Heroic Ace. Le précédent, vendredi dernier, était sur la route Europe - Amérique du Sud, celui là sur celle USA - Afrique. Avec la houle, je ne l’ai vu qu’à 1/2 heure de moi, ses lumières étaient plus faibles que les étoiles, et apparaissaient / disparaissaient au gré de la houle. Quel hasard fait que nous nous retrouvions ainsi, au milieu de rien, à presque équidistance des Amériques et de l’Afrique, à moins de deux kilomètres ?

Il est 20h, 23h à Paris. La lune se lèvera plus tard, elle n’est pas encore prête à faire son entrée.

Position du moment 15°25N 44°52W

Vos commentaires

  • Le 12/02/20, France En réponse à : Carnet de bord 6

    Magique, je suis là, avec toi, au milieu de l’océan, à regarder les poissons volants...
    Merci ami.

    répondre ︎⏎

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