un Mahé 36 en vadrouille

  • [blog] Miss GG ne répond plus

    lundi 9 août 2021

    Sainte Anne (Martinique - oui, parce qu’il existe également un Sainte Anne en Guadeloupe). Voilà quelques temps que je suis là, combien de temps d’ailleurs ? A vue de pif, peut être 3 ou 4 semaines. Une navigation express depuis la Guadeloupe, quelques mouillages intermédiaires, dont l’anse Chaudière, vraie bonne surprise de cette saison.

    Sainte Anne, donc. Ils étaient 300 voiliers au mouillage lors du premier confinement, nous ne sommes plus qu’une centaine - et les départs vers le sud ont été réguliers ces derniers temps. Je n’ose imaginer ce que cela devait donner il y a à peine 18 mois, par contre je n’ai aucun problème à comprendre les tensions que cela a pu créer avec les habitants de cette petite commune.

    La vie est douce, ici. Chère mais douce : nous sommes en terrain connu. C’est notre langue, nos marques (de supermarché, de nourriture, …), bref, nos codes. Hors de prix à sainte Anne, un peu moins au Marin, qu’on atteint en à peine 15 minutes de dinghy. L’eau est claire, on voit un peu de vie sous marine, quelques tortues, beaucoup de poissons volants. Un joli sentier côtier pour promener la bestiole. C’est confortable.

    Les bateaux copains sont tous les deux là pour des travaux, qui de menus se sont transformés en plus ou moins conséquent. Bref, ils attendent que cela se termine, et je les attends (sans trop me sacrifier, quand même 😏).

    J’en profite depuis deux semaines pour participer à des cours de dressage, après beaucoup d’hésitations. Ce n’est pas que GG soit une mauvaise fille, loin de là : elle est câline, joueuse, adorable et obéissante (particulièrement quand elle est en laisse). Mais voilà, la bestiole ne répond pas au rappel, ce qui peut se révéler problématique dans des situations délicates.

    Au milieu de bergers Malinois, Cané Corso ou autre American Staff, tous mâles, la bestiole ne déçoit pas. En bonne locale de l‘étape, elle assure même, qu’il s’agisse d’obéissance à la laisse, de sociabilisation ou même d’élégance. Il n’y a que pour cette broutille de rappel que les choses se sont corsées, et que le formateur - compte tenu de ma présence limitée à ses cours - a dû (avec mon accord), utiliser une méthode contestée (le collier électrique) pour qu’elle comprenne que “Au pied !” ne souffrait ni interprétation, ni délai, ni humeur quelconque. Têtue (qui se ressemble s’assemble), elle a pris son temps, mais réagit maintenant (presque) au quart de tour, revenant au galop entre mes jambes à chaque fois que je l’appelle. Champagne !

    Il était temps que cela se règle. Nous sommes mi Août (ou tout comme), et le climat, tout réchauffé qu’il soit, n’attend pas : son cycle annuel entre en phase active (Elsa n’était qu’une mise en bouche, comme Gonzalo l’année dernière), les choses sérieuses commencent maintenant : la température de l’eau dans l’Atlantique se réchauffe, le cisaillement du vent baisse, l’air sec venant du Sahara se raréfie … les conditions se mettent en place pour le développement de tempêtes plus ou moins fortes.

    Dans le même temps, la situation épidémique en Martinique s’aggrave : le confinement mis en place depuis 15 jours produit ‘quelques’ fruits, mais ne saurait résister à l’apparition du variant ∂ depuis quelques jours, ni à la proverbiale légèreté des Martiniquais (et probablement Guadeloupéens aussi) face à la pandémie, un mélange de fatalisme, de “ça-ne-m’arrivera-pas-à-moi”, et bien sûr aussi de tout le reste, scepticisme, défiance et complotisme.
    Les médias locaux parlent maintenant ouvertement d’un confinement “à la mars 2020”, autrement dit, strict. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement en l’absence de vaccination dans le pays (moins de 20%), mais j’imagine dans le même temps l’horreur pour des familles dont on exige qu’ils gardent leurs enfants à l’intérieur, quand la température dépasse les 30° en journée … en extérieur.

    Saint Vincent et les Grenadines, tout comme Grenade, gardent - pour l’instant - leurs frontières ouvertes pour les vaccinés. Alors, il est temps de partir plus au sud pour les trois ou quatre mois qui viennent, s’éloigner des confinements stricts qui pointent leur nez et se rapprocher de latitudes -climatiquement- plus sûres.
    Dès que les copains seront opérationnels, c’est à dire très bientôt.